Paysages viticoles Grand Pic Saint-Loup 31
Média Pages Tourisme 09

Dans le château d’Esparron vivaient une mère, Dame Renaude, et ses trois fils : Loup, Guiral et Clair. Veuve, Dame Renaude devint bientôt souffrante. Et sentant sa fin proche, elle réunit ses trois fils...

Elle leur déclara qu’elle se sentirait en paix en quittant la vallée, si l’un d’eux se mariait avant sa mort. Elle leur demanda de faire un choix parmi les châtelaines de la contrée.
Les trois frères étaient si dissemblables ! Loup, l’ainé, était un ardent chevalier au cheveu châtain. Guiral était vigoureux, brun de peau et avait des yeux de jais. Le cadet, Clair, était un jeune-homme aux cheveux blond et aux manières délicates. Cependant, leur cœur fut épris par une seule et même jeune-femme, Irène de Rogues. Noble héritière du comte Arnaud de Rogues, Irène était belle et orpheline. C’était une personne gracieuse, aux grandes qualités de cœur, qui traversait des moments de grands chagrins seule dans son manoir.

La légende du Pic
Saint-Loup

Une nuit, Loup se renda secrètement à Rogues pour lui avouer son amour. Très touchée par la déclaration de Loup, Irène demanda à réfléchir quelques jours. Guiral se présenta à son tour, et s’ensuit la visite de Clair. Pendant plusieurs semaines, Loup, Guiral et Clair persuadés d’avoir touchés le cœur d’Irène, lui rendirent de fréquentes visites toutes les nuits de l’été 1095. Alors chacun espérait s’unir secrètement à la Dame de leurs pensées. Fleurs, poèmes, parfums, pierres précieuses, de nombreux cadeaux s’amoncelaient aux pieds d’Irène. Cependant, Irène ne pouvait se déterminer à faire un choix. Et promis de donner son cœur à celui qui, au cours de la Croisade, aura su se montrer le plus courageux et le plus vaillant.

Ainsi tous les trois partirent à la guerre. La croisade terminée, les trois chevaliers accumulèrent les plus brillants faits d’armes et se conduisirent en parfait héros.

Irène, hélas, avide de nouvelles, se consommant d’amour, a guetté de longues journées le retour des chevaliers du haut de ses tours. Le temps s’écoule, les années passent, toujours rien. Tant et si bien que sa santé s’en est allée. Elle croyait que sans nouvelles des chevaliers, Loup, Guiral et Clair avaient du périr à la guerre.

Or les trois chevaliers n’étaient pas morts. Lorsqu’ils revinrent enfin, suivis d’une longue file de mulets lourdement chargés de trésors d’Orient, ils sont heureux. La bien-aimée ne guetterait-elle pas à une haute fenêtre pour surveiller la campagne ? Mais en arrivant aux murailles du château de Rogues, un long convoi funèbre s’avançait vers eux. Ô miséricorde ! Les trois hommes s’arrêtèrent pour mettre un genou à terre en découvrant le corps d’Irène.

Saint Mathieu-de-Tréviers - Château de Montferrand 4

Décrire leur désespoir est impossible. Brisés, ils firent le serment d’abandonner tous leur biens et jurèrent de se retirer du monde. Rien ne pouvait apaiser leur douleur.

Loup prit la parole et dit : « Mes frères, celle que nous aimions a rendu sa belle âme à Dieu. Désormais les richesses de l’univers nous importent peu. Sur ces trois montagnes, qui se profilent autour de nous, nous irons au sommet attendre la fin d’une existence qui n’a plus de sens pour nous. »

Avant de se quitter à jamais, ils avaient convenu qu’à chaque anniversaire de la mort d’Irène, ils allumeraient un grand feu pour se saluer.

Loup avait marché jusqu’au château de Montferrant, sur la plus haute crête. Chaque année, ils allumaient un grand feu, que l’on voyait de la plaine et qui signalait leur présence. Une année, il n’y eu plus que deux brasiers. Puis un seul. Puis aucun. Les trois ermites étaient morts.
Et en hommage à leur courage, on appela les pics par leurs prénoms. Celui sur lequel vivait Guiral devint Saint-Gural, il est situé près du Mont Aigoual. Celui sur lequel vivait Clair devint Saint-Clair. C’est à ses pieds qu’est bâtie la ville de Sète. Celui sur lequel vivait Loup est devenu Saint-Loup.

La nymphe s’était éprise des trois et ne pouvait se résoudre à n’en aimer qu’un seul. Elle tentait - en vain - de se décider pour l’un ou pour l’autre. Si son cœur inclinait un instant vers le bucheron, comment pouvait-elle ignorer le berger ou le laboureur ?

Une guerre éclata entre les seigneurs de la région et causa de grands malheurs au sein de la population. Le seigneur de Londres enrôla de force les paysans de son fief et le laboureur partit à la guerre. Hélas, s’il savait manier la houe dans ses champs, il n’avait aucune expérience de la guerre et se fit tuer dès la première bataille.

La nymphe fut submergée de chagrin. Il lui restait le berger et le bucheron à aimer pareillement.

Après la guerre, vint le temps des brigands et des pillards. Une bande s’approcha de Cambous pour s’emparer du bétail. Le courageux berger tenta de défendre son troupeau de brebis ; mais que pouvait-il faire face à des dizaines de bandits ? Les brigands se moquèrent de sa naïveté et le tuèrent sans pitié.

La nymphe fut à nouveau écrasée de douleur. Des trois jeunes hommes dont elle s’était éprise, deux étaient morts et seul restait le bucheron ; mais elle était trop triste pour voir là une solution à son terrible dilemme.

Le pays avait sombré dans la misère et le désordre ; la détresse dictait de mauvaises choses aux hommes. Les villageois affamés et perclus de jalousie se haïssaient mutuellement. L’un d’eux décida de brûler les bois d’un autre et alluma des feux aux quatre coins. Hélas, le bucheron qui était là au travail, se trouva piégé et périt dans l’incendie.

Une fois de plus, la nymphe eut le cœur brisé. Elle était abattue par la perte des trois jeunes gens et prenait pleinement conscience du sort des mortels. Mais surtout, elle était tellement choquée par la bêtise des hommes qui détruisaient leurs œuvres et s’entretuaient ! Elle pleurait de chagrin, elle pleurait de dépit, elle pleurait de colère. Ne pouvant se consoler, la nymphe se retira dans une grotte située à égale distance des villages des trois jeunes gens emportés par la folie des hommes. Elle y resta prostrée et elle pleura tant, que ses larmes alimentèrent une source qui se mit à couler de la grotte, une source intarissable.

Petit à petit, au cours des générations suivantes, cette précieuse source fut reconnue et vénérée par les trois communautés désormais apaisées : les agriculteurs, les éleveurs et les bosquetiers  vivaient à nouveau en harmonie.

Comme elle était située à la jonction des trois villages, la source fut appelée : la Font Termenau (la fontaine limitrophe).

Depuis, chacun trouve paix et réconfort auprès de cette source très spéciale : les Saint-Martinois plongent leur croix miraculeuse dans la vasque pour retrouver la pluie après la sècheresse ; les pâtres et les bucherons (et maintenant les promeneurs) s’y désaltèrent ; on dit même que les amoureux qui goûtent son eau fraîche s’aiment pour la vie...

Source : Le Castellas

Ces histoires vous plaisent ?
 

Retrouvez davantage de Contes et Légendes en librairie à la boutique de l'Office du Tourisme !

Livre Contes et Légendes
Le Pic Saint-Loup : Mythes et Légendes

Il y a bien longtemps, alors que les divinités habitaient les bois et les garrigues, une nymphe se prit à aimer les mortels.

En fait, elle était charmée par trois jeunes hommes : un laboureur du Castel de Londres, un berger de Cambous et un bucheron de St Martin. Elle les suivait secrètement dans leurs activités. Elle les observait en plein effort, elle se ravissait de leur ingéniosité et admirait leur dextérité. Elle les écoutait parler et rire avec leurs amis, mais elle sentait la jalousie lui pincer le cœur lorsqu’une fille s’approchait trop près de l’un d’eux…

La Font Termenau 
(ou la Nymphe amoureuse)