Anthony ALLIES - BUEGES RETOUCHE

Née au pied de la montagne de la Séranne, la Buèges offre, à ses sources, le spectacle d’une oasis de nature et de paix aux eaux translucides. Dépourvue de toute indication sérieuse, cette vallée si confidentielle pourrait-elle être le secret le mieux gardé de l’Hérault ?

Enserrée entre Navacelles, Saint-Guilhem et les Gorges de l’Hérault, la vallée de la Buèges joue les discrètes et protège jalousement ses valeurs : le calme de sa nature et une rivière étonnante qui lui a donné son nom. Un petit paradis, barricadé par les falaises de la Séranne et de son cirque qui accrocheront inévitablement le regard de ceux que les horizons verticaux subjuguent habituellement.

Vallée de la Bueges ADT 2

L’isolement des villages de la vallée de la Buèges n’a d’égal que l’authenticité qui s’en dégage. Ici, pas d’artifice touristique : tout n’est que passion pour cette vallée chargée d’histoire. Desservies par des sections de sentiers superbes, les hauteurs de la Séranne, et plus particulièrement le sommet de Peyre Martine, réservent plus tard au marcheur des visions épiques. Ici, le buis et le calcaire sont unis pour le meilleur et pour le pire.

A 782 mètres d’altitude, la vision se libère soudain dans toutes les directions tandis qu’on vient effleurer les versants abrupts du cirque qui dégringolent sous nos pieds. Quelques minutes plus tard, le pilier massif des falaises du Caylaret surgit en contrebas.

Elles pourraient ne demeurer qu’un élément spectaculaire du paysage s’il n’y avait cette vire discrète qui s’y apercevait. Le randonneur dévoré de curiosité et familier de ce genre de terrain étroit et quelque peu aérien s’y engagera de lui-même pour un point de vue inédit sur Saint-Jean-de-Buèges, la modeste capitale locale, déployée autour de son château, au pied du très esthétique Roc de Trascastel.

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La Buèges y disparaît à l’est, dans un vallon boisé empli de mystères à percer. Quitter le sentier n’y est pas seulement une option, mais une nécessité pour ne passer à côté d’un décor surnaturel, encadré de part et d’autre d’un tunnel végétal aux formes fantasques, où la rivière se faufile tantôt lentement, masse opaque et muette, tantôt vigoureusement, en se rompant en facétieuses et esthétiques petites chutes.

A l’image du reste de la vallée, c’est la curiosité et le désir d’exploration qui vous mèneront aux plus belles découvertes.

La Buèges se fait ici plus exotique et laisse le visiteur s’égarer dans un décor surnaturel, encadré de part et d’autre d’un tunnel végétal aux formes fantasques. La rivière s’y faufile tantôt lentement, masse opaque muette qu’on jurerait immobile, tantôt vigoureusement, en se rompant en de multiples petites chutes très esthétiques, qui jouent avec les rochers et les racines.

L’eau est ici incroyablement claire et fraîche. Des vasques naturelles et limpides auraient invité à la baignade en une autre saison. Une authentique aura de féerie plane en ces lieux secrets qu’on a la sensation d’avoir le privilège de découvrir pour la première fois.

Vallée de la Bueges ADT 4

Qu’on la contemple les yeux dans les yeux ou des hauteurs des falaises de la Séranne, la Buèges est définitivement la petite pépite méconnue du département de l’Hérault. Une vallée riche et accueillante, des reliefs verticaux aux allures de montagne, un cours d’eau plein de surprises baignant dans une ambiance féerique et, enfin, des villages de caractère attachants.

Tous les éléments pour des randonnées grand public ou sportives sont au rendez-vous. Un lieu à découvrir assurément lors d’un séjour dans l’Hérault pour les marcheurs désireux de ne pas suivre les foules.

Bueges 2

Et puis soudain, plus loin, tout s’arrête. La Buèges ralentit son cours et se transforme en un cours bourbeux et noirâtre. L’eau croupie vient lécher les berges boueuses et humides avant de tout bonnement s’évanouir. Résurgence souterraine à sa source, la rivière replonge sous terre subitement, laissant le marcheur sidéré dans un lit de tuf et de calcaire mousseux soudainement asséché. Hors période de crue, le marcheur peut donc évoluer à sa guise dans cet environnement insolite et brouillon, constitué de gros blocs arrondis et de cuves peu profondes.

Un univers recouvert d’une épaisse couverture mousseuse défraichie et ponctué ici et là d’étranges et éphémères petites formations crayeuses. À partir de ce point, qu’on soit en rive droite ou gauche, le chemin vient s’arrondir à l’aplomb du pied du Grand Guilhem, un sommet boisé peu remarquable, avant de rejoindre la route venant de Saint-André-de-Buèges au niveau du joli pont de Vareilles.