Verrerie de Couloubrines

La verrerie de Couloubrines, à Ferrières-les-Verreries, est aujourd’hui l’unique témoignage de l’activité des gentilshommes verriers. Elle a révélé ses secrets grâce aux fouilles archéologiques entreprises dès 1989. Seule verrerie restaurée du Causse, elle reste l’unique témoignage du passé verrier de notre pays.

En 1513, Thomas de la Roque, gentilhomme verrier du mas de Couloubrines à Saint-Césaire-de Gauzignan (Gard), achète le mas de Calazau. Ce domaine fut alors aménagé et il semble que sa première mise en activité date de 1538. Le village de Ferrières était le lieu de résidence des familles des hommes qui travaillaient à la verrerie de Couloubrines située en contrebas. lls étaient organisés en une sorte de micro-société qui vivait en autarcie grâce à la vente des verreries de luxe produites et à l’agriculture et l’élevage qui assuraient la survie des toutes ces personnes.
A la fin du XVIème siècle, ce lieu est mentionné en tant que verrerie ou veyrière. L’activité de la verrerie sera entrecoupée par de longues périodes de fermeture. Elle fonctionnera les siècles suivants en alternance avec la verrerie de Cazenove (Mas neuf) et de Baumes. L’année 1776 semble
être la dernière « campagne » de Couloubrines. Elle sera encore habitée quelques temps puis sera définitivement laissée à l’abandon.

La fabrication du verre
Le verre, un des premiers matériaux de synthèse créée par l’homme, est composé de 75% de sable, de soude (elle agit comme fondant et abaisse le point de fusion de la silice de 1600″C à 1100’C ), de chaux (elle stabilise et durcit la composition et permet aussi de produire un verre plus résistant et imperméable à l’eau). Sans oublier une source de chaleur importante pour une température aux environs de 1200’C.
Pour obtenir la silice, les verriers ramassaient des galets de quartz dans le lit de l’Hérault. Les galets étaient « étonnés », (portés à une température de 1100’C dans le four de fusion, puis jetés dans l’eau froide, le choc thermique les fissurait) puis broyés et réduits en sable à l’aide de meules.
La soude était achetée sous forme de blocs, obtenus par la combustion de la salicorne, plante cultivée sur le littoral méditerranéen et dans le delta du Rhône. La chaux était fabriquée sur place, à partir des roches calcaires du causse. Cette composition était fondue dans des creusets fabriqués en verre réfractaire placés dans le four de fusion.
La coloration du verre était obtenue par l’adjonction d’oxydes métalliques : l’oxyde de fer pour la couleur verte, le cobalt pour le verre bleu et le manganèse pour le violet jusqu’à la décoloration selon son dosage. Les verriers maîtrisaient déjà les techniques de coloration du verre car des objets de différentes teintes ont été retrouvés lors de fouilles.
Le bois, de préférence le chêne pubescent à grande puissance calorifique, est utilisé comme combustible. Une verrerie nécessitait 100 quintaux de bois par jour soit environ 8 stères. Au cours d’une « campagne » (d’octobre à mai soient 197 jours), environ 1642 stères étaient utilisées. Les verriers pratiquaient une coupe dite « de taillis ». Le taillis de chêne était coupé tous les vingt ans. Les verriers déplaçaient leurs fours en fonction des coupes de bois et de la régénération du taillis. On parlait de verreries foraines. Ce sont les Anglais, confrontés à une pénurie de bois, qui développèrent l’utilisation des fours alimentés au charbon de terre dans les verreries.

D’après les fiches “Le Chemin des Verriers en Pays d’Orthus”, indisponible.

    • Pas ouvert au public
    • Patrimoine historique

Pour toute demande, merci de contacter directement la mairie de Ferrières-les-Verreries.

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Office de Tourisme du Grand Pic Saint-Loup